Rencontres Littéraires de Niamey 2017 : « Quand Haïti rencontre l’Afrique »

Le 21 Mars de 20h 8ià 22h s’est tenue dans la salle du Grand Auditorium du CCFN Jean Rouch, la première conférence des rencontres littéraires de Niamey.

Initiée en 2012, cette rencontre en est à sa 5ème édition cette année. Evènement littéraire majeur de la sous-région, son ambition est « d’ouvrir les portes de la littérature Africaine actuelle et de provoquer la rencontre du grand public avec des auteurs dont les œuvres questionnent aujourd’hui les enjeux de la littérature ».

Pour cette édition 2017 de celle qui fût autrefois baptisée « la Semaine littéraire », c’est le Haïti qui est à l’honneur sous la bannière « Afrique(s) Poésies ».

Le Haïti est un pays qui m’a toujours intrigué. Haïti a toujours été pour moi ce pays d’Afrique d’un autre continent. « Haïti » rimait systématiquement avec « Vodou », « créole » mais aussi « Kery James » -au passage mon artiste préféré tous genres musicaux confondus- et « Wyclef Jean ».

Au final, je me rends compte que j’en connais bien peu sur ce pays.

C’est donc avec un certain enthousiasme que je décide de m’intéresser à cette édition des rencontres Littéraires et particulièrement à cette conférence intitulée « Deux poèsies -Monde- Francophone : Quand Haïti rencontre l’Afrique ».

Autant vous dire que je n’ai pas été déçu.

Petite rétrospective sur cette sympathique soirée.

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De gauche à droite : Louis-Phillipe Dalembert, Beonard Kervens, Emmelie Prophète, Boniface Mongo Mboussa.

La conférence débuta bien à 20h comme prévu, ce qui est déjà un très bon signe.

La conférence est animée et modérée par Boniface Mongo Mboussa, écrivain et critique littéraire Congolais, également corédacteur en chef d’Africultures.

A sa droite se tient Emmelie Prophète (Oui c’est bien son nom : D), écrivaine et journaliste Haïtienne, auteure notamment de « Le testament des solitudes » paru en 2007.

Elle partage son fauteuil avec Beonard Kervens, jeune poète, mais aussi comédien et slammeur, de nationalité Haïtienne également.

Enfin, bien à l’aise sur son fauteuil, c’est Louis Phillipe D’Alembert, écrivain, auteur de « Le crayon du bon Dieu n’a pas de gomme » publié en 1996.  Haïtien également bien entendu.

Le casting est plutôt prestigieux donc.

Après une heure de présentation pendant laquelle les différents intervenants ont survolé brièvement les liens entre l’Afrique et l’Haïti tant du point de vue historique que culturel, la parole est donnée au public.

Contre toute attente, le public ne s’est pas montré timide du tout.

Les questions se sont enchaînées, mais quasiment à chaque fois, le thème du Vodou ressurgissait, preuve de la fascination/curiosité pour cette pratique mystique.

Inévitablement, le sujet politique a été également évoqué.  Une question a été posée à savoir: Pourquoi Haïti ,qui a pourtant accédé à son indépendance depuis les années 1800, n’arrive toujours pas à décoller, à l’instar de ses voisins? Le Sous-développement serait-il dans les gènes du noir?

Cette question, je l’ai trouvée plutôt polémique mais je trouve que les intervenants se sont bien défendus. Louis-Phillipe d’Alembert, de base quelqu’un  de très critique sur la question politique, a évoqué le passé tumultueux par lequel la république d’Haïti est passée pour acquérir son indépendance, la dette de 150.000.000 de Dollars à payer à la France, la non taxe sur les produits français, pour ne citer que ceux-là. Loin de légitimer ce retard, Louis Phillipe D’Alembert rappelle tout de même que tous ces facteurs sont à prendre en compte quand il s’agit d’analyser cet épineux problème.

La question qui m’a le plus interpellé pour ma part, est celle de l’identité du Haïtien. L’Haïtien se sent-il Africain avant tout?

Pour Louis-Phillipe D’Alembert, c’est non. Le Haïtien se sent caribéeen, ce qui ne l’empêche pas pour autant de se sentir concerné quand il est question d’Afrique. Et à Emmelie Prophète de renchérir que les Haïtiens, loin d’avoir oublié ce lien qui les unit au continent noir, se considèrent comme une diaspora Africaine. Ce qui n’est pas sans rappeler l’une de ses phrases en début de conférence :

« La question n’est pas de savoir si Haïti rencontre l’afrique et comment. Haïti n’a jamais quitté l’afrique. »

Elle rappelle également que dans les croyances Vodou, lorsqu’un Haïtien meurt, son âme retourne en Guinée. Difficile de trouver meilleure preuve d’attachement que celle-ci.

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L’échange fût très édifiant, les questions pertinentes et les intervenants captivants.

La seule chose que j’ai trouvé à redire, c’est que ça n’a pas assez parlé de littérature à mon goût. J’aurai peut-être dû mettre plus d’ardeur dans la bataille pour le micro afin de poser mes questions car dans ce genre de meeting, c’est le public qui mène la barque.  

Ainsi donc s’achève cet Article.

J’espère qu’il vous a plu. A bientôt pour de nouvelles chroniques.

Le Cactus Sahélien.

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